Visitez le plus ancien lieu de mémoire de l’histoire du peuple noir d’Amérique.
A travers la rencontre de ses habitants, visitez ce quartier emblématique de l’histoire afro-américaine.
Apprenez comment la musique noire du Vieux Sud a souvent fait ressurgir les manques de la société américaine, comprenez quelle est la perception de l’Afrique par les afro-américains, visitez un authentique temple Vaudou et faites la connaissance de sa surprenante prêtresse qui fabrique ses propres gris-gris et huiles essentielles.
Faites la connaissance d’activistes, de religieux qui vous feront visiter une église construite par leurs ancêtres en 1843 et où la communauté afro-créole du quartier se rassemble, non seulement pour prier à la cadence des chants gospels, mais aussi pour aider les exclus, les oubliés d’une ville où les tragédies font partie du paysage.
Apprenez pourquoi les enterrements chez nous sont des célébrations se déroulant au rythme des orchestres « Second Line » !
Connaissez-vous la tradition des « Mardi-Gras Indians » et êtes-vous curieux de comprendre la naissance du hip hop, du spoken word et de la bounce music des années 2012, véritables traces contemporaines d’une certaine mémoire d’Afrique toujours vivante ?
Une visite pas comme les autres
Ceci n’est pas une visite guidée formelle, juste une déambulation dans un quartier ayant connu quelques problèmes d’incivilité dus à la pauvreté et où les touristes vont rarement.
Visite du temple vaudou, rencontre avec sa prêtresse, explications des traditions des « Mardi-Gras Indians », leurs costumes et rituels des enterrements « Jazz Funerals », découverte du plus vieux studio de rock n’ roll des Etats-Unis et de l’église Saint-Augustine construite par l’aristocratie noire de la ville en 1843 (où les gens de couleur libres ou asservis, tous francophones, venaient se recueillir ensemble).
Merci à la Prêtresse Myriam et Gina Marie pour les photos ( Crédit Louis Martinie )
Prêtresse Vaudou : Miriam Chamani dans son temple spirituel.
Backstreet Cultural Museum
Nous visiterons également le Backstreet Cultural Museum: Le sanctuaire des enterrements de Jazz, les traditions des Indiens du Mardi-Gras et l’appel des esprits des anciens.
L’HISTOIRE
Ses origines remontent à trois décennies, lorsque Sylvester Francis a défilé avec le Gentlemen of Leisure Social Aid & Pleasure Club. Un homme qui photographiait le défilé voulait que Francis paie 35 dollars pour sa propre photo. Pour éviter de tels coûts à l’avenir, Francis a acheté une caméra Super 8mm et un appareil photo et a commencé à documenter les célébrations du carnaval, les défilés de seconde ligne et les funérailles de jazz dans toute la Nouvelle-Orléans.
Ouverture : du Mardi au Samedi, de 10:00 à 16:00, fermé le lundi
Mémoire de l’esclavage et distinctions des traites
Traite négrière transatlantique euro-africaine
Mais la mémoire de l’esclavage, sujet sensible, ne doit pas concerner uniquement les Européens.
La traite négrière transatlantique Euro-Africaine fit au moins 12 millions de victimes déportées vers les Amériques, dont 1,8 million mortes en mer à cause des maladies, des conditions inhumaines dans les cales sombres et humides des navires et des suicides en sautant par dessus bord.
Débutée au XVI siècle, la traite euro-africaine dura jusqu’à la moitié du 19e siècle (1848, abolition de l’esclavage dans les colonies françaises par Victor Schoelcher).
Traite arabo-musulmane
La traite Arabo-Musulmane fit 17 millions de victimes africaines subsahariennes vers le Maghreb ou le Moyen-Orient. Cette traite dite orientale a duré environ 13 siècles. Débutée au VIIe siècle avec l’expansion de l’islam, elle s’est prolongée jusqu’au XXe siècle officiellement.
Lire l’excellent ouvrage « L’esclavage en terre d’Islam » par Malek Chebel.
Conditions et réalités humaines
Les femmes de l’ethnie IBO étaient particulièrement recherchées car morphologiquement larges de hanches, ce qui limitait le nombre de fausse-couches dans les plantations longeant le Mississippi.
Question délicate mais qui étaient les pères ? Souvent des esclaves mais aussi les contremaîtres ou planteurs, ce qui voulait dire que ces femmes étaient violées et que maîtres-esclaves étaient parfois reliés par des liens su sang: Votre esclave était alors votre fils, votre fille, après c’était à chacun d’en prendre acte ou pas.
Puissances impliquées
Les principales puissances négrières étaient le Portugal, le Royaume-Uni, la France et l’Espagne.
Il faut garder en tête que les traites ont toutes asservi des millions d’êtres humains.
Les comparer n’est pas le sujet et exige de distinguer leurs temporalités, leurs acteurs, leurs logiques économiques et leurs mémoires, sans établir de hiérarchie dans l’horreur, cela va de soi.
Traite des esclaves de Barbarie
La traite des esclaves de Barbarie (ou traite barbaresque) désigne le commerce d’êtres humains opéré par les corsaires nord-africains (les Barbaresques) du XVIe au XIXe siècle. Elle a principalement consisté en la capture de centaines de milliers d’Européens et Chrétiens (l’auteur et poète espagnol Cervantès vendu en prison en esclave à Alger en 1575) le long des côtes méditerranéennes et atlantiques pour les revendre comme esclaves.
Egalement « la traite des blanches » pour exploitation sexuelle car elles produisaient des enfants plus clairs de peau, critère apprécié dans ce contexte.
Traite intra-africaine
La traite Intra-Africaine entre royaumes, empires est difficilement quantifiable car sans preuve écrite légale. C’était une ethnie victorieuse réduisant en esclavage une ethnie vaincue sur place ou en la livrant aux Négriers européens via l’Aristocratie Africaine locale de Gorée qui elle-même, participait de ce fait au commerce triangulaire en monnayant leur service hautement lucratif: Les célèbres Signares, princesses africaines de haut rang comme la puissante Anna Pépin agissaient donc comme passeuses d’une future main d’oeuvre destinée aux colonies telles que le Brésil, les Caraïbes, l’Amérique du Nord (500 000 personnes).
Lire l’excellent livre de Guillaume Vial « Les Signares ont une histoire, femmes noires et métisses d’influence à Gorée et Saint-Louis du Sénégal au XVIII et XIX siècles ».
Le Code Noir
Une abrogation historique en 2026
L’Assemblée nationale à Paris a voté à l’unanimité l’abrogation des textes ayant réglementé l’esclavage
les 254 députés alors présents, issus de tous les groupes politiques, ont approuvé la proposition de loi pour définitivement abroger le Code Noir et l’ensemble des textes des XVIIe et XVIIIe siècles ayant réglementé l’esclavage dans les colonies françaises et donc en Louisiane, le jeudi 28 mai 2026. Cela n’avait jamais été formellement fait depuis près de deux siècles.
Le rapporteur Max Mathiasin, de Guadeloupe, a appelé à poser un acte puissant de mémoire, de justice et de reconnaissance, même s’il ne pourra solder seul les blessures de l’histoire. Le Code Noir n’a plus d’effet depuis longtemps mais son empreinte et son poids sont toujours là, a déclaré la ministre des outre-mer, avant d’appeler à sortir de notre droit un texte indigne.
Colbert et la Louisiane : un lien inattendu
C’est ironiquement ce même Code Noir, celui du Ministre Colbert (1619-1683), qui a rendu pérenne la mémoire du peuple noir et qui vient d’être abrogé par méconnaissance.
Quel est le lien historique ?
Quel est le lien entre ce personnage historique français de premier plan, vivant à la cour de Versailles et proche du Roi Soleil, et le plus grand festival culturel musical afro-américain des États-Unis — moderne, branché, mêlant rap, hip-hop et spoken word, mais aussi séminaires et conférences — l’Essence Festival, qui se tient début juillet à La Nouvelle-Orléans ?
Il en existe pourtant un. En instituant le Code Noir (deux versions : une pensée dans l’esprit de Colbert, l’autre revue par le roi en 1685), la cellule familiale africaine d’esclaves était en partie reconnue dans le texte, notamment par certaines règles encadrant le mariage et la vente des membres d’une même famille. Mais il faut rester prudent : ce cadre n’empêchait pas la séparation familiale dans tous les cas et s’inscrivait dans un système esclavagiste profondément violent.
Une mémoire transmise
Mari, femme et enfants pouvaient parfois conserver une forme d’unité juridique, ce qui favorisait la transmission de génération en génération de la mémoire et de la culture ouest-africaine. Cette continuité aide à comprendre la profondeur historique et culturelle que l’on retrouve aujourd’hui dans un événement comme l’Essence Festival à La Nouvelle-Orléans.
Une stratégie de survie collective
Ceci était bien sûr conçu pour fidéliser une main-d’oeuvre en empêchant le marronnage – ces esclaves qui fuyaient pour retrouver les leurs. En préservant la famille et en évitant la fracture brutale, les parents pouvaient transmettre à leurs enfants ce que leurs propres parents leur avaient transmis.
C’est grâce à cette stratégie imaginée par Colbert, fin géopoliticien, que La Nouvelle-Orléans est encore la ville la plus africaine d’Amérique – et ceci grâce au Code Noir dont certains veulent effacer la trace. L’histoire a ses méandres et ses détours imprévisibles : la preuve en est l’Essence Festival, rassemblement musical festif au Superdome et célébration de la culture afro-américaine, attirant des artistes comme Cardi B, Beyoncé, Usher ou Erykah Badu, ainsi que des auteurs et cinéastes comme Spike Lee, et des intellectuels de renom.
Deux Français dans l’histoire afro-américaine de La Nouvelle-Orléans
Deux Français ont été intimement liés à l’histoire afro-américaine de la Louisiane et de notre ville :
Colbert et son Code Noir, et le Bourguignon Claude Treme (1758-1823), chapelier devenu planteur de canne-à-sucre, vivant en concubinage avec une femme de couleur libre francophone, Julie Moreau, hautement éduquée, sachant lire et écrire.
Église Saint-Augustine, construite en 1848 par des femmes de couleur libres appartenant à l’Aristocratie afro-créole francophone du quartier. Dans cette église, les bancs sur le côté étaient réservés aux esclaves, les bancs faisant face à l’autel, aux maîtresses et à leurs enfants métis
Le lundi, c’est jazzy ! Avec le Tremé’s Petit Jazz Museum.
Pour les amoureux du jazz, depuis ses origines en Afrique jusqu’à La Nouvelle-Orléans, cette halte vous plonge dans une histoire musicale vivante et méconnue. Découvrir un quartier et sa culture, c’est aussi rencontrer ses habitants. Le lundi après-midi seulement, vous visiterez avec Mr. Al Jackson, historien et musicologue né dans le Tremé, son musée familial, le Tremé’s Petit Jazz Museum.
Le mercredi et le samedi avec le Backstreet Cultural Museum
La visite se poursuit au Backstreet Cultural Museum, au cœur du Tremé, pour découvrir les traditions afro-américaines qui font la richesse culturelle de La Nouvelle-Orléans.
On y plonge dans l’univers des Indiens Noirs du Mardi-Gras, à travers costumes, archives et récits vivants transmis de génération en génération.
En savoir plus sur Le Code Noir et l’histoire afro-américaine
Découvrez nos visites du Tremé, le plus vieux quartier afro-américain des États-Unis.
Elles ont lieu chaque lundi, mercredi et samedi à 13 h 30, avec nos guides-conférencières francophones Martine, Elise ou Britt.
Est aussi abordé pendant cette visite l’ouragan Katrina de 2005 et ses conséquences. Ce quartier connut en effet de nombreux dommages. Sans tomber dans le voyeurisme et le sensationnel, excellente perception d’une ville en reconstruction. On est là dans le tourisme social et pas V.I.P.
Visites guidées en français
Pour s’y rendre depuis le French Quarter
Café Rampart Treehouse ouvert à partir de 12:15h
(Pizza faites maison, salades,
et toilettes accessibles avant la visite).
Coin des rues North Rampart et St Ann, 740 rue North Rampart.
Quand
Toute l’année
Vsites chaque lundi, mercredi et samedi à 13:30h.
Durée en fonction des questions des participants.